Le théâtre afro-brésilien dans la ville de Salvador de Bahia

Introduction

« Racisme : nom masculin

  • Idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, les « races » ; comportement inspiré par cette idéologie.
  • Attitude d’hostilité systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes. »

« Discrimination : nom féminin

  • Action de séparer, de distinguer deux ou plusieurs êtres ou choses à partir de certains critères ou caractères distinctifs ; distinction.
  • Fait de distinguer et de traiter différemment (le plus souvent plus mal) quelqu’un ou un groupe par rapport à une autre personne.
  • Action de l’Etat ou d’un agent économique introduisant une différence de traitement entre ses partenaires, ce qui fausse les conditions d’une réelle concurrence. »
    Larousse, 2011.

Préambule sur La question raciale au brésil

Le Brésil et nombre de pays dans le monde, y compris la France sont confrontés à ce qu’on appelle la « question raciale ». Cette expression surgit lorsqu’une société regroupe des populations d’origines, de coutumes, et de cultures diverses et qu’à l’intérieur de cette même société une ou plusieurs de ces populations sont victimes de racisme et/ou de discrimination. A la question raciale s’ajoutent des facteurs économiques et sociaux qui font que ces populations fassent en majorité partie des plus miséreuses du pays justement à cause du racisme et de la discrimination qui accompagnent les rapports sociaux. Il en résulte qu’au Brésil, selon l’IBGE , en 2009, 73.2% des 10% les plus pauvres sont pretos et pardos , alors que 82.5% des plus riches sont blancs. La question raciale est très importante car en plus de créer des inégalités sociales et des conflits sociaux, elle met en exergue les problèmes liés à l’identité. Dans un contexte d’inégalité sociale et raciale peuvent surgir alors des interrogations tels que : Si je suis mis(e) à la marge de la société, si je n’ai pas les mêmes chances de réussite sociale que l’ensemble des membres de la société, est-ce que j’en fais partie ? Cette société veut-elle de moi ? Si ma culture n’est pas reconnue dans l’espace public, est-ce que moi-même je suis membre de cet espace public ?

Bahia, a Roma negra

Première capitale du Brésil (de 1548 à 1763) et centre de la production de canne à sucre au XVIIIème siècle, « A Roma Negra », était l’une des plus grandes plaque-tournante du trafic d’esclaves au monde et conserve encore dans son patrimoine urbain les reliquats du passé douloureux de la traite des esclaves. Aujourd’hui, la ville de Salvador de Bahia recueille la plus forte proportion d’afro-descendants – soit 29.4% de pretos et 52.5% de pardos sur 3 781 000 habitants. Suite à un séjour d’un mois à Salvador, trois spectacles de théâtre ont été retenus pour tenter de répondre à la problématique suivante : comment le ou les théâtre(s) afro-brésilien(s) de la ville de Salvador de Bahia s’adapte(nt) aux récentes transformations politico-sociales du Brésil ?

Les pièces de théâtre

Les trois pièces sont : Cabaré da Rrrrraça (créé en 1997), Bença (créé en 2010) et Namíbia, não ! (créé en 2011). Les deux premiers spectacles sont des créations collectives du Bando de Teatro Olodum, troupe de plus de 20 années d’existences : Cabaré da Rrrrraça, comédie « pamphlétaire, didactique et interactif », est un spectacle dans la tradition militante du Bando de Teatro Olodum, à l’affiche depuis 1997 ; et Bença, créé en 2010, est un drame qui marque une rupture nette dans la ligne esthétique traditionnelle du Bando de Teatro Olodum. Le troisième spectacle est la pièce Namíbia, não !, une tragi-comédie écrite par Aldri Anunciação en 2010. Ce dernier est un auteur et acteur indépendant qui s’est associé à deux grands noms du cinéma/théâtre afro-brésilien pour créer son spectacle : Lázaro Ramos (metteur en scène) et Flávio Barauqui (acteur).